Rêves de poussière
Réalisé par Laurent Salgues
Avec : Makéna Diop, Rasmane Ouedraogo
Échos du vent dans le désert africain, des hommes sortent en tous sens des cavernes
sans parler comme sur une planète inhabitable. Premières impressions d’une mine d’or
[gold ] au Burkina Faso. Mocktar Dicko, un agriculteur nigérien, vient chercher du travail
dans un pays étranger pour oublier un passé qui le hante. Il rejoint l’équipe de mineurs qui
sont prêts à risquer leur vie dans les cavernes dangereuses jour après jour. Son aspect
digne et calme masque une douleur révélée avec le temps. Pour ne pas perdre tout
espoir, une seule option lui reste : gagner assez d’argent pour créer une meilleure vie pour
Coumba, une femme qui a perdu son mari, et sa fille dans un pays lointain.
De somptueuses images de l’Afrique transportent le spectateur dans un monde de colère,
amour et tendresse. Une étude sombre mais poétique de la vie dans les mines africaines,
ce long-métrage présente le combat quotidien des travailleurs exploités. Sans aucune
autre option, les mineurs acceptent leur prison dans la mine sans exprimer leur colère.
Le sable aux visages, ils voient leurs rêves s’en aller dans le vent cruel. Le regard sans
jugement de Rasmane Ouedraogo dans le rôle de Moktar révèle la futilité d’un rêve de
richesse inaccessible à ceux qui passent leurs jours dans les mines.
Sans rentrer dans la psychologie, le réalisateur Laurent Salgues réinvente le mythe de l’El
Dorado en y ajoutant une dimension humaine. Il néglige parfois la narration pour favoriser
l’atmosphère créée par des paysages magnifiques. Une fable contemplative, Rêves de
poussière touche lorsqu’elle montre la tragédie de l’exploitation de ceux qui travaillent
40 mètres sous terre. Si le film ne sera jamais un chef-d’œuvre du cinéma africain, il
séduira pourtant tous ceux qui apprécient la beauté d’un continent qui conserve le sens de
la valeur des êtres humains.